« Les mots n’ont pas le pouvoir d’impressionner l’esprit sans l’horreur poignante de leur réalité. » écrivait Edgar Allan Poe dans les aventures d’Arthur Gordon Pym. En serait-il de même avec l’ex meilleur avionneur du monde ?
Rédaction : Cadfael
Boeing, des amis de Trump ?
Selon des médias spécialisés comme « marketwatch.com », Trump « a révélé avoir mené d’importantes opérations boursières, notamment l’acquisition d’une participation de plusieurs millions de dollars dans Boeing avant un voyage présidentiel très médiatisé en Chine, au cours duquel un accord portant sur 200 avions commerciaux a été annoncé ».
En février 2025, la Maison-Blanche, dans un ordre exécutif, exigeait l’arrêt des enquêtes et des poursuites dans le cadre de la législation anticorruption. À la mi-août, le Trésor américain a par ailleurs publié un règlement définitif exemptant de manière permanente les particuliers et les entreprises américaines de l’obligation de révéler les bénéficiaires effectifs des sociétés et filiales.
Une histoire à rebondissements
Des défauts persistants et des alertes à répétition. Le 25 août dernier, « Business Wire », la grande agence de presse américaine, publiait : « La Fondation pour la sécurité aérienne (FAS) a lancé un avertissement sévère concernant les opérations actuelles de Boeing dans le domaine des avions commerciaux, invoquant une crise cumulative liée à la conception technique, aux défauts de fabrication et aux défaillances systémiques du contrôle qualité.»
« De grandes compagnies aériennes mondiales refusent activement les livraisons du Boeing 777X »
La FAS étudie et met en œuvre « des mesures de gestion des risques afin de prévenir les accidents, les blessures et les incidents aériens. Elle établit des règles relatives à la conception des aéronefs, supervise le trafic aérien, certifie les pilotes et les mécaniciens, et mène des enquêtes sur les accidents afin de garantir que le transport aérien reste le mode de transport le plus sûr. »
« Malgré la forte reprise financière de Boeing en 2025, avec la livraison de 600 appareils et l’obtention de 1 173 commandes nettes, ce qui lui a permis de devancer Airbus pour la première fois depuis 2018, un fossé profond persiste entre les assurances données par l’entreprise et la réalité.
Des signalements par les lanceurs d’alerte
Les consignes de navigabilité, les révélations de lanceurs d’alerte et les retouches importantes apportées aux produits révèlent que des défauts de sécurité continuent de passer inaperçus dans les usines. L’intégrité structurelle des avions flambant neufs fait désormais l’objet d’une surveillance étroite de la part des autorités de régulation et des compagnies aériennes partenaires. »
Toujours selon « Business Wire », dans un rebondissement sans précédent, deux Boeing 737 MAX 8 pratiquement neufs, exploités par la compagnie brésilienne GOL, auraient été définitivement retirés du service après seulement quelques mois de vol commercial. Confrontée à des problèmes de maintenance persistants liés à leur conception en usine, la compagnie aurait jugé plus rentable de démanteler ces appareils afin d’en récupérer les pièces de rechange peu usées que de continuer à les exploiter pour le transport de passagers.
« L’Administration fédérale de l’aviation (FAA) a essuyé de vives critiques concernant sa réponse réglementaire. »
Parallèlement, de grandes compagnies aériennes mondiales refusent activement les livraisons du Boeing 777X, dont la mise en service a été longtemps retardée en raison de défauts non corrigés, obligeant à mener des inspections structurelles généralisées et coûteuses sur l’ensemble des flottes mondiales. Des lanceurs d’alerte au sein des sites de production de Boeing continuent également de signaler que les protocoles internes de contrôle qualité sont systématiquement contournés et que les employés qui soulèvent des préoccupations en matière de sécurité font l’objet de représailles professionnelles et sont réduits au silence par la direction.
La FAA et Boeing sous le feu des critiques
Au vu des éléments de plus en plus nombreux faisant état de dysfonctionnements dans la fabrication, l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) a essuyé de vives critiques concernant sa réponse réglementaire. Plutôt que de renforcer les restrictions, la FAA a élargi les pouvoirs d’autocertification de Boeing et a récemment approuvé la production commerciale du modèle 737-7 MAX.
« La question n’est plus de savoir si Boeing présente des problèmes de qualité isolés », a déclaré la Fondation pour la sécurité aérienne. « La question est de savoir pourquoi des avions défectueux continuent de sortir de l’usine, et pourquoi la FAA continue de récompenser Boeing en lui accordant une plus grande autonomie en matière de production et de certification malgré des défaillances manifestes dans la surveillance. »
Boeing et Luxair
Le 21 juillet dernier, Boeing communiquait : « Après avoir passé commande en 2024 de deux Boeing 737-10, Luxair vient de convertir deux options en commandes fermes. Une fois toutes les commandes fermes livrées, la flotte de Boeing 737 de Luxair comptera douze appareils : huit Boeing 737-8 et quatre Boeing 737-10. »
Dans ce contexte, la FAS organise une conférence sur la sécurité à Seattle, ville qui a vu naître Boeing, les 1er et 2 octobre.
Boeing produit également du matériel militaire : missiles, satellites, avions, hélicoptères, etc. Il serait donc intéressant de connaître le point de vue des responsables du Pentagone sur ces questions.
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