Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Luc Frieden, La Voix des Survivant(e)s Asbl réclame des mesures et des engagements précis pour mieux protéger les enfants et toutes victimes de violences sexuelles, physiques et psychologiques dans le pays.

La mort de la jeune Lyhanna en France continue de susciter une vive émotion, dont les répercussions dépassent largement les frontières. En évoquant ce crime, l’association luxembourgeoise La Voix des Survivant(e)s appelle le Premier ministre Luc Frieden à agir rapidement, dans une lettre ouverte rendue publique cette semaine.

Des délais judiciaires jugés trop longs au Luxembourg

Dans sa lettre ouverte, La Voix des Survivant(e)s rappelle que « face à une telle réalité, il serait illusoire de croire que le Luxembourg est épargné ». Elle alerte sur le fait qu’au Luxembourg, un viol sur mineur est déclaré tous les huit jours au Parquet. Sur les 220 plaintes déposées entre 2019 et 2023, 27% ont été classées sans suite, selon les chiffres rapportés par l’association. Des données, ne reflétant, de surcroit, qu’une partie de la réalité, car de nombreux faits de violences sexuelles ne font pas l’objet d’une plainte.

Par ailleurs, La Voix des Survivant(e)s dénonce la durée de certaines procédures. Selon l’asbl, des affaires au Luxembourg auraient connu près de six années entre les premières révélations et une décision judiciaire définitive. Ces délais, affirme-t-elle, peuvent avoir des conséquences très lourdes pour les victimes et les exposer à des situations dangereuses. L’association tient à alerter également sur le nombre d’affaires classées sans suite, « alors même qu’elles concernent des mineurs révélant des violences sexuelles » écrit-elle dans la lettre.

Un calendrier concret réclamé au gouvernement

La Voix des Survivant(e)s appelle Luc Frieden à prendre position publiquement sur les 57 propositions de réforme qu’elle a présentées à la Chambre des députés le 2 juillet 2025. Ces propositions visent à renforcer la lutte contre les violences sexuelles, physiques et psychologiques, mais aussi à mieux prévenir les violences et à améliorer l’accompagnement des victimes.

L’association demande au gouvernement un calendrier concret et des engagements précis. « Pas dans six mois. Pas après le prochain drame. Maintenant », somme-t-elle les autorités de réagir, en se disant prête à rencontrer le Premier ministre pour discuter de ces mesures.

La lettre ouverte est disponible en cliquant sur le lien ici.

Photo de couverture : Unsplash

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