L’Iran, pays trois fois plus vaste que la France, est de nouveau au centre d’enjeux géopolitiques majeurs. Les Iraniens, dirigés par une théocratie brutale au service d’un clan qui empoisonne les relations internationales, méritent mieux.

Rédaction :  Cadfael

Un empire laïque devenu théocratie

Après la chute du shah en 1979, l’ayatollah Khomeiny revient au pays après quinze années d’exil. Les espoirs de liberté qui avaient pu émerger seront rapidement étouffés. Éliminant les forces laïques et libérales, le nouveau pouvoir restructure l’État autour d’une théocratie chiite féroce et corrompue.

La République islamique développe alors deux obsessions : se doter de l’arme nucléaire et détruire Israël. Toute opposition est écrasée au nom de principes religieux. Dans le même temps, la création et le soutien à des structures terroristes régionales deviennent un élément clé de l’expansionnisme de Téhéran.

La guerre : une continuation de la diplomatie par d’autres moyens ?

L’attaque et les meurtres commis le 7 octobre 2023 par le Hamas et d’autres groupuscules pro-iraniens dans le sud d’Israël, qui ont fait 1 200 morts et conduit à l’enlèvement de 250 personnes, marqueront probablement un point de non-retour.

Depuis plusieurs semaines, on pouvait observer un transfert colossal de moyens militaires sophistiqués de l’allié américain. Deux groupes aéronavals ont été déployés : l’un face à la Crète, notamment pour la protection d’Israël, l’autre à hauteur de Bahreïn, dans le Golfe. Ces plateformes militaires flottantes, ultra-armées, embarquent chacune entre 5 000 et 6 000 hommes et un arsenal considérable. Selon les experts, elles pourraient se déplacer à des vitesses supérieures à 50 nœuds (environ 100 km/h), les données réelles restant classifiées.

Vendredi, l’agence Reuters faisait état d’un rapport confidentiel de l’Agence internationale de l’énergie atomique selon lequel 400 kg d’uranium enrichi de qualité militaire seraient probablement stockés dans un tunnel qui n’aurait pas été détruit lors de l’opération de juin 2025 visant les installations nucléaires d’Ispahan.

Les États-Unis lançaient samedi dernier une seconde attaque contre l’Iran. Face à l’exigence américaine d’un arrêt de ses programmes nucléaires militaires, Téhéran multipliait à la fois les promesses de négociations et les menaces, tout en continuant de réprimer violemment les opposants lors de manifestations anti-Khamenei.(Plus de 30 000 morts).

Selon une information du Washington Post datée du 1er mars, c’est la demande insistante de l’Arabie saoudite malgré ses déclarations publiques en faveur d’une solution diplomatique qui aurait fait pencher la balance en faveur d’une guerre.

Une première vague d’attaques de la coalition américano-israélienne, constituée d’environ 350 avions dont 200 israéliens, aurait atteint plus de 1 000 objectifs selon les experts. À titre de comparaison, l’armée française dispose d’un total d’environ 220 avions de chasse. L’objectif est clair : décapiter un régime qui empoisonne les relations internationales depuis plus de quarante ans.

Grâce à une opération préparée de longue date, le guide suprême Ali Khamenei aurait été éliminé par des frappes aériennes visant sa villa bunkerisée. Les services israéliens auraient depuis longtemps pris le contrôle d’une partie du système de caméras publiques de Téhéran ainsi que de certains réseaux de communication. Des puces de géolocalisation auraient même été placées sur des membres de l’unité chargée de protéger le dirigeant religieux.

Toujours est-il que la présence du Mossad et, dans une moindre mesure, de la CIA alimente une véritable paranoïa parmi les mollahs et leurs services de sécurité, entraînant un renforcement de la répression.

Les alternatives au système des mollahs

Le Mossad cultiverait depuis des années plusieurs figures susceptibles de remplacer le pouvoir actuel. Les services israéliens et leurs alliés auraient également mis en place des moyens de communication alternatifs permettant aux opposants de rester en contact malgré un blackout quasi total.

Les frappes se poursuivent, tandis que les ripostes iraniennes visent des installations occidentales au Moyen-Orient et dans les Émirats, dans l’espoir d’élargir le conflit. Les sites de lancement de missiles sont toutefois repérés quelques secondes après les tirs et neutralisés presque immédiatement, grâce à la supériorité technologique des satellites de la coalition. Les drones, en revanche, s’avèrent plus difficiles à intercepter.

Mercredi matin, une dixième vague d’attaques était en cours au moment où un successeur à Khamenei, en la personne de son fils, était nommé dans l’urgence. Considéré comme proche des milieux les plus dogmatiques du régime, son espérance de vie politique et peut-être physique, semble incertaine.

Le Hezbollah libanais, qui a lancé sur ordre de Téhéran missiles et drones contre des cibles en Israël, a provoqué une offensive terrestre de Tsahal, entraînant le Liban dans une guerre qui n’est pas la sienne.

Les chasseurs britanniques et français sont également entrés en action à la suite de tirs visant des bases et des intérêts occidentaux. Dans un discours solennel, Emmanuel Macron a annoncé l’élargissement de la codécision liée au parapluie nucléaire français à huit nations alliées et souligné que, au Proche-Orient, la France défendrait ses intérêts et ceux de ses partenaires.

Un groupe aéronaval français devrait rejoindre la Méditerranée dans les dix jours.

Les juristes débattront sans doute longtemps de la place du droit international dans cette guerre. Elle constitue en tout cas un cadeau stratégique indirect pour la Russie et la Chine et un nouveau moment difficile pour l’Ukraine.

Photo de couverture : Istock

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