Avant l’arrêt définitif des règles, les signes avant-coureurs de la ménopause constituent une étape incontournable dans la vie d’une femme. Cette phase de transition hormonale, appelée périménopause ou préménopause, peut durer plusieurs années. Pourtant, elle reste encore relativement méconnue, alors qu’elle s’accompagne souvent de nombreux changements physiques et émotionnels. Dr Lemke, gynécologue au Wo+Men Health Center, nous en dit plus sur cette période de grands bouleversements, et comment l’aborder avec davantage de sérénité.
Propos recueillis et traduits de l’anglais par Margot Houget
Comment définir la périménopause ?
Dr Lemke : La périménopause est la période pendant laquelle la réserve ovarienne diminue progressivement et le corps doit beaucoup travailler pour continuer à produire de bons niveaux d’œstrogènes et de progestérone, impliqués dans les fonctions physiologiques féminines.
À quel âge survient-elle généralement ?
L’âge moyen de début de la périménopause se situe généralement autour de 45 ans et peut aller jusqu’à 55 ans. On observe cependant de plus en plus de femmes chez lesquelles elle commence plus tôt, parfois dès la fin de la trentaine ou le début de la quarantaine. Dans de très rares cas, il peut s’agir d’une ménopause prématurée, débutant autour de 30 ans, voire plus tôt. Celle-ci est considérée comme une pathologie. Mais normalement, le début de la périménopause apparaît autour de 45 ans.
Combien de temps dure généralement la périménopause ?
Plusieurs années, entre cinq et dix ans.
Quels sont les symptômes de la périménopause et sont-ils différents de ceux de la ménopause ?
Les bouffées de chaleur sont l’un des symptômes fréquents de la ménopause. En revanche, la périménopause peut se manifester uniquement par des troubles du sommeil, une baisse de moral, de l’anxiété, des douleurs articulaires, ou par des symptômes comme la sécheresse vaginale et une baisse de la libido. Les femmes me disent aussi qu’elles pleurent facilement, qu’elles sont plus sensibles, qu’elles ne sont plus aussi fortes qu’avant.
« L’âge moyen de début de la périménopause se situe généralement autour de 45 ans et peut aller jusqu’à 55 ans. »
Vous observez que de plus en plus de femmes entrent dans une périménopause vers le début de la quarantaine. Comment l’expliquez-vous ?
Dans le passé, nous ne nous concentrions peut-être pas autant sur la périménopause. On disait parfois simplement : « D’accord, elle est déprimée, elle a trop de choses à gérer, les enfants, le travail, etc. » Aujourd’hui, nous sommes davantage sensibilisés à cette période de transition et nous pouvons proposer un bilan hormonal pour mieux l’identifier. Il est donc possible que cela existait déjà auparavant, mais que personne n’y prêtait vraiment attention.
Est-il possible de tomber enceinte pendant la périménopause ?
C’est possible, mais le risque est très, très faible, car les ovaires sont, d’une part, vieillissants et de moins bonne qualité, et d’autre part, la quantité manque aussi. C’est donc une mauvaise combinaison pour être enceinte.
Comment les femmes peuvent-elles faire la différence entre la périménopause et d’autres déséquilibres hormonaux qui présentent des symptômes similaires ?
C’est le gynécologue ou le médecin qui doit déterminer la périménopause en prescrivant un bilan hormonal complet à la femme. Cela permet notamment de constater s’il s’agit plutôt de symptômes liés au syndrome prémenstruel ou non. Ils peuvent en effet être proches de ceux de la périménopause. Dans le bilan, on peut également inclure une évaluation de la réserve ovarienne.
Que se passe-t-il dans le corps sur le plan hormonal pendant la périménopause ?
Nous avons un axe cerveau-ovaires. Le cerveau envoie des signaux aux ovaires et mesure en permanence nos hormones. Lorsque le cerveau constate que nos hormones sont équilibrées, il est détendu et les hormones de régulation sont relativement basses. En période de périménopause, quand le cerveau constate que l’ovaire produit des ovocytes et des œstrogènes de façon irrégulière, il envoie beaucoup d’hormones dans le corps pour dire à l’ovaire : « S’il vous plaît, produisez quelque chose. Nous sommes à sec, nous avons besoin de ces hormones. »
Avec un niveau élevé d’hormones produites par le cerveau (la LH et la FSH), il y a des changements dans le corps. Par exemple, une FSH élevée entraîne souvent une accumulation de graisse au niveau abdominal chez la femme. Elle n’arrive pas à perdre du poids, même si elle mange comme avant. En général, ces changements demandent aussi beaucoup d’énergie, car les ovaires sont soumis à d’importantes variations hormonales. Il s’agit donc d’une période de déséquilibre et de transition pour l’organisme.
Quels traitements ou solutions sont disponibles pour aider à gérer les symptômes ?
+ La médecine naturelle, car elle peut apporter des pré-hormones dans le corps. Ainsi, les ovaires, avec leur activité résiduelle, disposent de davantage de « soutien » et peuvent continuer à mieux fonctionner pendant un certain temps. Par exemple, pour l’humeur, l’ashwagandha est une plante très intéressante.
+ La pré-hormone DHEA, car les glandes surrénales et les ovaires peuvent, de cette façon, produire un peu mieux les hormones.
+ La nutrition appropriée avec des vitamines et des minéraux
+ Le mode de vie, le sport, l’activité physique… Mais aussi le fait de faire des choses agréables. En général, réduire le stress aide toujours à améliorer les symptômes.
+ Le traitement hormonal substitutif bio-identique est une excellente approche pour rétablir l’équilibre hormonal naturel de manière personnalisée. Grâce à un suivi régulier par des analyses biologiques, le traitement est adapté aux besoins de chaque personne, contribuant ainsi à préserver une santé optimale, la vitalité et une meilleure qualité de vie.
Article initialement paru dans Femmes Magazine septembre 2026
Photo de couverture : Unsplash




