Dans l’imaginaire collectif, la marâtre porte rarement la couronne de la sympathie. Entre la belle-mère de Blanche-Neige et celle de Cendrillon, la fiction lui a longtemps collé une réputation de sorcière à la pomme empoisonnée. Mais avec la BD Chères marâtres, Solenn Bardet et Marion Chancerel entreprennent une mission presque diplomatique : réhabiliter cette figure familiale souvent mal comprise… et parfois franchement dépassée.

Le point de départ est simple. Gwen s’apprête à s’installer avec Samuel, qui a déjà une fille de 14 ans. Autant dire qu’un nouveau rôle s’annonce : celui, délicat, de belle-mère. Plutôt que de foncer tête baissée dans ce territoire émotionnel semé d’embûches, elle convoque une sorte de conseil extraordinaire : des femmes qui sont ou ont été marâtres.

Briser les stéréotypes avec humour

Autour de la table, les profils défilent. Il y a la belle-mère « jetable », celle qu’on remplace plus vite qu’un abonnement de streaming. La marâtre débordée, qui tente de jongler entre diplomatie familiale et crise d’adolescence. Et puis la marâtre épanouie, espèce plus rare mais pas totalement mythique.

À travers leurs témoignages, le livre met en lumière une réalité souvent invisible : devenir belle-mère n’a rien d’un conte de fées, mais c’est parfois une aventure pleine d’humour, de maladresses et de stratégies dignes d’un traité de géopolitique familiale.

Résultat : un récit drôle et lucide qui démonte les clichés avec finesse. Et qui rappelle, au passage, que derrière chaque « marâtre » se cache surtout une femme qui essaie tant bien que mal de trouver sa place dans une famille déjà écrite. Pas simple… mais nettement plus humain que dans les contes.

Photo de couverture : Unsplash

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