À contre-courant des formats convenus et des recettes toutes faites, Charlotte Bucheler revendique un événementiel plus audacieux, plus esthétique et résolument tourné vers l’expérience. Après huit années passées au sein d’un grand groupe international, cette cheffe de projet dans l’âme a choisi de tracer sa propre voie en fondant The Good Day Agency, une agence où la stratégie dialogue avec la créativité, et où chaque événement est pensé comme un univers à part entière. Basée au Luxembourg, elle bouscule les codes, refuse le déjà-vu et défend une vision immersive de l’événementiel, au service des marques comme des particuliers. Rencontre avec une entrepreneure qui entend bien remettre du beau, du sens et un soupçon de folie dans l’art de célébrer.

Charlotte, qui êtes-vous ?

Je m’appelle Charlotte Bucheler. Je viens de Nancy, mais cela fait plus de dix ans que je vis et travaille au Luxembourg. J’ai un parcours un peu hybride : j’ai étudié le cinéma, la mode – plus précisément le marketing et le développement de produits textiles – ainsi que la communication et le marketing. Cette pluralité me définit assez bien. J’ai toujours évolué entre des univers très créatifs et des environnements extrêmement structurés.

D’où vous vient cette double casquette entre créativité et organisation ?

Elle est presque naturelle chez moi. J’ai grandi dans une famille d’artistes : ma mère, ma grand-mère, ma tante… la création a toujours fait partie de mon quotidien. En parallèle, mes études et mon parcours professionnel m’ont donné une base très opérationnelle, très stratégique. Souvent, on est soit créatif, soit très organisé. Je pense avoir la chance d’avoir les deux, et c’est précisément ce qui nourrit aujourd’hui mon travail.

Avant de créer votre agence, vous avez travaillé huit ans dans un grand groupe. Qu’y faisiez-vous ?

J’étais cheffe de projet pour une grande entreprise internationale. Je gérais des projets à l’échelle européenne, parfois mondiale, dont de très gros projets événementiels : salons internationaux, événements corporate, avec des budgets de plusieurs millions d’euros. C’était extrêmement formateur, très structurant, mais au bout d’un moment, j’ai ressenti une forme de décalage entre ce que je faisais et ce que j’avais envie d’exprimer.

C’est ce décalage qui vous a poussée à entreprendre ?

Oui. J’ai toujours aimé le challenge, le mouvement, le fait que les choses évoluent. L’événementiel me plaît justement parce que chaque projet a un début, une fin, une énergie propre. J’avais envie de me tester, de voir ce que je valais vraiment, de créer quelque chose qui me ressemble à 100 %. C’est comme ça qu’est née The Good Day Agency.

Créer son entreprise au Luxembourg, après des années dans un grand groupe, ce n’est pas évident…

Pas du tout. Même après huit ans ici, j’ai dû repartir de zéro. Dans une grande entreprise, on évolue beaucoup entre collègues, dans une bulle. Il a fallu reconstruire un réseau, gagner la confiance, prendre des risques. C’est long, parfois inconfortable, mais incroyablement gratifiant quand on voit que ça fonctionne.

Aujourd’hui, comment définiriez-vous The Good Day Agency ?

C’est une agence d’événementiel qui va bien au-delà de l’organisation pure. Je crée des expériences immersives, sur mesure, pensées comme de véritables univers. Corporate events, family days, anniversaires, événements de marque, soirées à thème… il n’y a pas de format figé. Mon mot-clé, c’est la créativité, mais toujours au service d’un objectif précis.

Justement, vous parlez souvent de stratégie.

Oui, pour moi, un événement n’est jamais “juste un événement”. Je commence toujours par me demander : pourquoi on fait ça ? À qui s’adresse-t-on ? Quel message veut-on faire passer ? L’événement doit s’inscrire dans une stratégie globale, notamment pour les entreprises. Ensuite, tout s’aligne : le lieu, la scénographie, la décoration, les animations, le contenu. Rien n’est laissé au hasard.

« Un événement n’est jamais juste un événement : c’est un outil stratégique qui invite les gens à entrer dans l’univers d’une marque, bien au-delà de la simple promotion d’un produit. »

Charlotte Bucheler, fondatrice de The Good Day Agency

Vous revendiquez une approche différente de l’événementiel luxembourgeois…

Très clairement. J’ai envie de mettre un coup de pied dans la fourmilière. J’ai parfois l’impression que l’événementiel ici est un peu old fashion : toujours les mêmes formats, les mêmes décors, les mêmes recettes. Cela dit, certaines agences au Luxembourg proposent déjà des choses très qualitatives et inspirantes. Simplement, je suis convaincue que l’on peut aller encore plus loin, oser davantage, pousser encore plus fort le curseur de l’expérience. Or, ailleurs – à Paris ou dans d’autres grandes villes – on ose beaucoup plus. On crée des expériences fortes, esthétiques, mémorables. J’ai envie d’apporter plus de beau, plus d’audace, plus d’émotion.

« Les marques luxembourgeoises peuvent oser beaucoup plus qu’elles ne le pensent. J’ai des idées plein la tête : il ne manque plus que des marques prêtes à les vivre. »

Charlotte Bucheler, fondatrice de The Good Day Agency

Concrètement, qu’est-ce que cela change dans vos projets ?

Je n’ai encore jamais fait deux fois le même événement, ni deux fois la même thématique. En ce moment, par exemple, je travaille simultanément sur une soirée inspirée de la Famille Addams, une soirée hawaïenne, une summer party aux accents western et un Oktoberfest. Chaque univers est entièrement pensé sur mesure, de A à Z.

« Je n’ai encore jamais créé deux fois le même événement : chaque projet est pensé sur mesure, du concept à la dernière fleur. »

Charlotte Bucheler, fondatrice de The Good Day Agency

Vous intervenez à tous les niveaux ?

Absolument. Je suis un peu le couteau suisse – ou le MacGyver – de l’événementiel. Je gère la conception, la production, la scénographie, la coordination des prestataires, le marketing et le contenu. Et lorsque le projet l’exige, je m’entoure toujours de spécialistes experts dans leur domaine, choisis avec soin. Certains clients me donnent carte blanche et me retrouvent le jour J. D’autres aiment être impliqués et, dans ce cas, je deviens presque un membre à part entière de leur équipe. J’adore ces deux façons de travailler.

Vous parlez aussi beaucoup d’événements de marque et d’influence.

Parce qu’il y a un énorme potentiel au Luxembourg. Un événement ne doit pas être uniquement promotionnel. Il doit inviter les gens à entrer dans l’univers d’une marque, à en comprendre les valeurs, à vivre quelque chose. Le contenu généré – photos, vidéos, expériences – peut ensuite être réutilisé sur les réseaux sociaux. Il faut faire rêver les gens derrière leur écran, leur donner envie d’être là.

Un message à faire passer aujourd’hui ?

Oui : aux marques luxembourgeoises, osez. Osez des formats différents, osez l’esthétique, osez investir dans des expériences fortes. On peut faire des choses incroyables ici. Et moi, j’ai très envie de les créer avec vous.

Inscrivez-vous à notre newsletter en suivant ce lien et savourez chaque semaine une sélection pensée pour vous : culture, style, inspirations et actualités, pour les femmes qui cultivent leur regard et leur temps.